Légalisation des drogues douces

L’Assemblée des Parents
assembleedesparents@gmail.com
à l’attention des responsables de toutes les administrations
(Rectorat, Mairie, PJJ, CD, Police, Bailleurs sociaux….)
en charge de la prévention de la délinquance et de la protection de la jeunesse

Toulouse, le 1er décembre 20
Bonjour,
Nous sommes des parents d’élèves du quartier de la Reynerie. Nous vous écrivons parce que nous avons été alertés en constatant la banalisation de la drogue dans le quartier, ce qui se traduit à l’école par des jeux comme « le jeu du dealer », par la découverte de temps en temps de sachets d’herbe (certes vides) traînant dans la cour , etc… Certes, les enseignants et nous-mêmes réagissons immédiatement quand nous nous en apercevons, mais nous ne pouvons pas tout faire tout seuls.
Nous ne voulons pas que nos enfants considèrent que dealer c’est un métier.
Nous avons peur pour eux, peur qu’un dealer leur fasse miroiter de l’argent facile, les influence, leur fasse faire des choses sous la menace ou la contrainte. Nous les surveillons au maximum mais ce n’est pas toujours possible, nous ne sommes pas toujours là, et les dealers eux, y sont toujours, dans les coursives, les escaliers, en bas de l’immeuble, et même parfois devant l’école.
Nous ne comprenons pas non plus comment il est possible que des adolescents parfois des enfants, passent la journée vissés sur leur chaise en bas des immeubles pour faire le guet, au vu et au su de tout le monde, sans que cela pose problème aux autorités ? Nous en tout cas, en tant qu’adultes et parents, cela nous interroge et nous inquiète : ces enfants sont-ils abandonnés, pourquoi ne sont-ils pas à l’école ? Pourquoi n’y a-t-il plus d’éducateurs de rue sur le quartier pour tourner, discuter avec eux, mettre en place un suivi ? Comme cela nous interroge et nous inquiète de voir des adolescentes et des adolescents venir « faire leur marché » dans nos immeubles en toute tranquillité, en suivant leur appli sur leur téléphone.
Depuis des années, la seule réaction visible des autorités est la répression, qui ne règle pas grand chose au quotidien : Aujourd’hui, nous vous demandons de mettre en place une véritable politique de prévention,avec une équipe d’éducateurs de rue qui s’inquiéte des enfants sur les chaises, et des enfants clients avec une surveillance des écoles du quartier aux heures d’entrée et de sortie, en particulier autour de l’école Simone Veil, et de la maternelle Jean-Galia, qui se trouvent à côté d’un point de deal. Cela permettrait également de sécuriser les mouvements des élèves, car les voitures roulent très vite devant l’école. Nous demandons également des rondes régulières le week-end autour des écoles, car il y a des intrusions, en particulier à l’école Simone Veil où des jeunes escaladent les portails pour faire du skate et autre dans la cour.
En nettoyant plus régulièrement les abords des écoles : en effet, des enfants rapportent trouver des sachets d’herbe utilisés (mais il en reste toujours un peu au fond) dans la cour. Ces sachets peuvent avoir été laissés par les jeunes qui entrent dans les écoles le week-end, mais il est aussi probable qu’ils proviennent aussi des alentours des écoles et que le vent les transporte dans la cour.
En organisant dans les écoles une sensibilisation et une prévention sur les risques de la drogue et les différentes conduites à tenir si l’enfant est abordé par un dealer par ex, etc… Là encore, nous souhaitons que soit privilégié le côté préventif et non la répression. Pas de gendarmes en armes pour faire peur, mais plutôt des adultes bienveillants et capables de donner des conseils utiles et de créer le climat de confiance nécessaire pour un échange réel avec les enfants.
Cette liste n’est pas limitative, mais si déjà ces 3 points étaient effectifs, nous sommes convaincus que la situation s’améliorerait.
Parents et enseignants, nous faisons notre possible pour que la drogue n’ait pas droit de cité ni à la maison ni à l’école, et nous refusons qu’elle y soit amenée de l’extérieur. Nous, nous ne pouvons pas agir sur l’extérieur de la maison, ni sur l’extérieur de l’école, mais vous, vous pouvez, c’est ce que nous vous demandons de faire. Pour cela, nous vous demandons dans un premier temps de répondre à nos demandes ci-dessus et de vous coordonner entre différents services (mairie, protection de la jeunesse, éducation, police, bailleurs sociaux….) pour mettre en place une action commune de prévention, dans la durée.
Nous espérons une réponse rapide et efficace de votre part.
Cordialement
L’Assemblée des Parents

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